Conférence: Un Conseiller d’Etat, ou presque, à Echandens

Vous êtes surtout connu comme comédien et improvisateur. Comment l’écologie s’est-elle invitée dans votre parcours artistique?
Très tôt, l’urgence climatique m’a interpellé, non seulement comme citoyen mais aussi comme raconteur d’histoires. Avec mon spectacle «L’Émeute» en 2017, j’ai exploré avec humour et gravité ce que signifie faire face à la crise climatique et aux faux récits de la croissance infinie. Cette conférence gesticulée était une manière de traduire mes propres questionnements et mon engagement en scène.J’ai continué avec mes projets suivants: «Mercury» et «La visite du Futur imparfait».
Quels gestes concrets faites-vous au quotidien en faveur de l’environnement?
Je crois à l’exemplarité plus qu’à la perfection: privilégier la mobilité douce pour aller aux répétitions, limiter la consommation d’énergie sur scène, recycler décors et costumes ou encore demander de la nourriture locale, végétarienne et de saison lors de de mes spectacles. Ce sont autant de gestes que j’ai inscrit dans le cahier des charges de la compagnie que j’ai créé, Calmez-vous! Parfois, je suis confronté au principe de réalité comme quand je voulais que les comédiens repartent avec le décor chez eux entre les représentations et que ce n’était pas possible ou quand il faut louer un véhicule pour se rendre dans une salle. Dans le privé, j’ai par exemple une passion pour le compost, j’ai trouvé le parfait ratio pour obtenir de bons résultats. Et j’en suis très fier!
Votre compagnie Calmez-vous! a produit plusieurs projetscentrés sur le futur écologique. Quelle est sa philosophie ?
Mes spectacles cherchent à inviter à réfléchir, à sortir de l’indifférence et à imaginer un rapport différent au monde et au futur. Avec des créations comme «LaVisite du Futur Imparfait», nous proposons au public de « voir » le monde d’aujourd’hui avec la perspective d’un futur où les enjeux écologiques ont été mal gérés. Des réponses ont été trouvées, mais elles ne sont pas parfaites pour autant. Ce décalage sert autant à provoquer le rire qu’à susciter l’interrogation sur nos modes de vie.
Humour, scène et engagement écologique peuvent donc aller de pair?
L’humour peut être une passerelle. J’utilise l’ironie, le décalage pour amener le public à réfléchir sur les enjeux actuels.
Vous avez fait parler de vous avec une pseudo-candidatureau Conseil d’État vaudois 2019.
C’était à l’occasion des élections complémentaires en mars 2019, remportées finalement par Rebecca Ruiz. J’ai posté sur mon blog une pseudo-candidature avec le programme le plus impopulaire de toute l’histoire: finies les vacances au Chili, les bananes au déjeuner, les balades en voitures. Halte au shopping, à la haute couture et au gavage des oies. Ouste aux 4×4, aux beaufs en héliski, aux courses en jet-ski et en séjours au Kempinksi. Je promettais du sang, des larmes et de la sueur. C’était une manière volontairement provocatrice d’attirer l’attention sur l’insuffisance de l’action publique face à l’urgence climatique. Mais suite à la publication de ce billet, des journalistes m’ont appelé, je ne m’attendais pas à une telle réponse et couverture médiatiqueC’était une plaisanterie en surface, mais sur le fond, le message est sérieux et nécessaire. J’avais même obtenu des voix, d’ailleurs.
Et l’engagement en politique, le vrai, ça pourrait venir un jour?
Je me pose la question et ça me titille parfois, mais je suis plus utile comme comédien que comme politicien!

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